mardi 9 juin 2009

Prise de parole en public

Dans le milieu professionnel, il est fréquent de devoir s’exprimer et prendre la parole en public, que ce soit lors de réunions de travail, de séminaires ou de conférences. Comment réussir son intervention en toute sérénité, sans craindre la critique et les questions embarrassantes ?

Dans le milieu professionnel, il est fréquent de devoir s’exprimer et prendre la parole en public, que ce soit lors de réunions de travail, de séminaires ou de conférences. Cependant, nous ne sommes pas tous des experts en communication, surtout quand il s’agit de s’adresser à toute une assemblée. Beaucoup d’entre nous se retrouvent déstabilisés ou paniqués à cette idée. Des sentiments désagréables peuvent survenir : peur de la critique, sensation de ne pas maîtriser la situation, crainte de ne pas intéressés son auditoire et de devoir être confrontés à des questions embarrassantes. Face à toutes ses appréhensions, il existe des méthodes efficaces pour mieux réussir son intervention.

I. COMMENT PREPARER SON INTERVENTION ?

Tout d’abord, il faut se dire qu’avant une intervention orale il est tout à fait normal d’être stressé. Le stress est un phénomène naturel et révélateur d’une monté d’adrénaline. Toutefois, afin de ne pas se retrouver paralysé par le stress, il est important de bien préparer son intervention.

1. Connaître son discours

Le discours doit être parfaitement maîtrisé : le vocabulaire, les points importants, l’enchaînement des idées. Le discours porte un message à diffuser aux récepteurs, donc il doit développer une argumentation qui permettra de gagner l’adhésion du public. Il est préférable de répéter sa présentation point par point et d’évaluer le temps pour présenter chaque partie (le discours, les documents visuels, les questions de l’auditoire) pour pouvoir gérer son temps lors de l’intervention. Dans certains cas, il est conseillé de s’observer dans un miroir afin de corriger ses défauts ou ses tics.

D’autre part, élaborer une liste de questions susceptibles d’être posées par les interlocuteurs et des réponses correspondantes permet de mieux s’approprier et mémoriser son discours. Un plan détaillé qui servira de repère pour l’orateur comme pour le public s’avère nécessaire. Il apportera une cohérence et une fluidité dans l’exposé. Par ailleurs, il est recommandé d’apprendre par cœur l’introduction – moment crucial de la communication – qui va permettre à l’orateur de présenter le sujet abordé. Il est souhaitable d’emporter avec soi un exemplaire écrit de son discours ou un résumé sur lequel on pourra s’appuyer en cas de trou de mémoire.

2. Choisir ses supports

Les visuels (diapositives, films, transparents…) sont préférables aux écrits. Ils permettent de capter l’attention de l’auditoire, d’illustrer ses propos, de dynamiser sa présentation, tandis que les supports écrits distraient souvent les auditeurs qui tournent les pages ou lisent leurs documents au lieu de se concentrer sur les propos tenus par l’orateur. Tout cela peut être très déstabilisant pour l’intervenant, surtout s’il s’aperçoit que son public ne l’écoute pas. Il peut perdre sa motivation et son assurance.

Néanmoins, si l’exposé est long (plus d‘une heure), un document succinct, énumérant les idées clefs et les points essentiels de la présentation peut être remis avant l’intervention et servir de fil conducteur au public.

3. Gérer son stress

Pour se détendre avant le grand oral, il existe plusieurs solutions :

- pratiquer un travail de respiration et se détendre les muscles,
- faire le vide dans son esprit,
- ne pas se focaliser sur la prestation que l’on va faire mais penser plutôt au message que l’on souhaite diffuser et le faire partager à l’assemblée,
- ne pas lutter contre le trac qui s’estompera au fur et à mesure de la prestation,
- s’accorder une bonne nuit de sommeil et un repas équilibré.

Enfin, il est préférable d’arriver sur les lieux de l’intervention avant tout le monde afin de vérifier et préparer son matériel (rétroprojecteur, micro, feutres, etc…), s’acclimater à la salle, s’installer et accueillir les participants. Ce qui permet de prendre ses marques et d’établir un premier contact avec son public.

II. COMMENT REUSSIR SON INTERVENTION ?

Après la préparation de la manifestation et les exercices de relaxation, il faut passer à la pratique. Différents éléments peuvent aider l’interlocuteur dans cet exercice.

1. Structurer son intervention

Avant de commencer son énoncé, il faut d’abord saluer la salle et se présenter brièvement (nom, prénom, fonction occupée dans l’entreprise, service de rattachement, nom de l’entreprise, si nécessaire). Ensuite, l’orateur présente le sujet, indique la durée de l’intervention et annonce le plan. A présent, le locuteur peut commencer son exposé en veillant à prendre sa respiration régulièrement et à laisser un peu de temps entre chaque idée développée pour que le public puisse assimiler toutes les informations reçues. L’intervenant a la possibilité de présenter des visuels tout en les commentant (2 ou 3 minutes par visuel) afin de rendre plus vivant son énoncé ou d’organiser le déroulement de son discours. Il faut veiller à respecter le temps prévu lors de la préparation.

2. Capter l’attention de l’auditoire

Afin de parvenir à capter l’attention de tous, le locuteur doit parler assez fort, bien articuler chaque syllabe et adopter un débit plutôt lent afin que l’auditoire ait le temps de recevoir et d’assimiler toutes les informations. Si le locuteur parle trop vite ou trop doucement personne ne comprendra ou n’aura entendu ses paroles, au bout d’un certain temps le public commencera à s’ennuyer.

D’autre part, il est important de varier son intonation et son registre de langage – en fonction des idées développées – tout au long du discours afin de le rythmer, d’y apporter une certaine vivacité, de montrer sa capacité d’adaptation. Si l’intonation ne change pas, le public pourra ressentir soit un manque de conviction soit un désintérêt de la part de l’intervenant. Les auditeurs finiront par discuter entre eux ou par sommeiller.

3. Instaurer un climat de confiance et convaincre son public

Dès le début de la démonstration, le locuteur doit parvenir à établir un climat de confiance entre lui et le public. Pour cela, il doit impliquer les participants en posant des questions, en les interpellant ; pratiquer l’écoute active ; ne pas rester muet, essayer de répondre ou de manifester son avis par des mots (Oui. Bien sûr. Je l’entends bien. Pas forcément.) à chaque question posée. Toutefois, nuancer ses propos et éviter d’émettre des oppositions fortes en utilisant des mots comme « mais, non, pas du tout » qui peuvent bloquer la communication. L’humour – utilisé à bon escient – contribue à détendre l’atmosphère. N’oubliez que le rire est communicatif !

Pendant l’intervention, la gestuelle est un facteur important dans la réussite d’une bonne communication. L’intervenant doit avoir une posture propice à la communication : le regard dirigé vers la salle et les yeux levés, une position face au public et jamais de dos même quand il présente des visuels. Il faut aussi se tenir droit sur ses talons et accompagner ses paroles de gestes de la tête ou de la main. Ne pas croiser les pieds ou les bras, c’est un signe de fermeture. Au contraire, ouvrir ses bras et montrer la paume de ses mains en direction du public, ceci est un signe de partage et d’ouverture d’esprit. Pensez à sourire aussi. L’auditoire ne sera que plus réceptif.

Surtout rester naturel ; si l’orateur adopte une attitude excessive ou essaye de jouer un rôle, le public le ressentira, il sera agacé et l’orateur perdra toute crédibilité face à ses auditeurs.

4. Faire face à des questions embarrassantes ou imprévues

Quand l’intervenant doit faire face à des questions embarrassantes, il doit d’abord écouter son interlocuteur, reformuler la question pour montrer qu’il a bien compris et qu’il va essayer d’y répondre. Dans un second temps, afin de désamorcer la réponse, il peut tenter de dédramatiser la situation à laquelle l’interlocuteur fait référence en utilisant des expressions qui vont jouer sur l’affectif : « Je comprends bien votre position », « Je l’entends », « Il est vrai que ». Cela lui permettra de détendre l’atmosphère et de montrer à son interlocuteur qu’il est ouvert d’esprit. Il pourra alors enchaîner sa démonstration en utilisant des termes comme « Néanmoins », « Toutefois » qui sont plus nuancés que « mais » ou « au contraire » afin de ne pas froisser son auditeur. Il est possible d’élargir la question à une vision plus globale et demander justement à l’interpellant ce que lui envisagerait.

Cependant, si la personne n’est toujours pas satisfaite ou si elle se montre insistante, il ne faut pas hésiter à recadrer le débat et à interrompre la personne en lui expliquant qu’on a bien pris en note sa question, qu’on y répondra ultérieurement, qu’on se renseignera (si on ne connaît pas la réponse) ou que ce point sera soulevée lors d’une prochaine intervention.

Si après tous ces éléments vous avez toujours le trac, il vous reste une dernière alternative : prendre des cours de coaching où vous pourrez être mis en situation et participer à des simulations.

Enfin, rien ne vaut l’expérience. En effet, plus vous serez amené à prendre la parole en public et plus vous gagnerez en assurance. Aussi, n’hésitez pas à vous portez volontaire dès que l’occasion se présentera !